La situation de la femme dans les mangas

Bonjour à tous,

Aujourd’hui nous allons parler d’un sujet, quelque chose qui me tient à cœur. Il s’agit de la figure de la femme dans les mangas et dans les animés. Si vous avez lu, ne serait-ce qu’une poignée de mangas, cet article devrait vous parler.

En général, le personnage dont on se plaint dans chaque manga est féminin, des personnages inutiles qui n’apportent rien du tout à l’histoire. Pourquoi on galère autant à créer des personnages féminins avec autant de charisme et d’impact que des personnages masculins ?

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©Weekly Shonen Jump , Shueisha

Des personnages sous-représentés

Les Shônen visent un public de jeunes garçons, c’est pourquoi dans le manga Shônen le personnage principal est plus souvent un garçon. L’explication est assez simple les mangaka veulent que les lecteurs se retrouvent dans leur personnage principal. Les mangas qui ont le plus de succès restent les shōnen et c’est pour ça qu’en général, les personnages féminins dans les mangas ont tendance à rester au second plan. Mais qu’est-ce qui fait donc que la plupart des personnages féminins sont inutiles ? On va se pencher sur les trois procédés de création des personnages afin de pouvoir déterminer la raison pour laquelle les personnages féminins ont une telle image dans les mangas.

Comment créer un personnage ?

Pour créer un personnage, il y a trois grandes méthodes:

La première c’est s’appuyer sur le réel, on peut y associer les mangakas qui s’inspirent de leur entourage ou de personnes connues. Par exemple Morita Masanori, le créateur de Racaille Blues, qui s’est inspiré du groupe Blue Hearts.

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©Rokudenashi Blues, Shueisha, Masanori Morita

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La deuxième méthode pour créer son personnage, c’est de le penser pour qu’il ait un trait de caractère bien particulier. Par exemple la mangaka Hiromu Arakawa avec  SLOTH dans Full Metal Alchimist, l’hommuculus  de la paresse.

Et enfin la troisième méthode est de créer un personnage dans un but particulier, c’est-à-dire que le personnage a été créé pour accomplir une fonction bien particulière. Par exemple Kohei Horikoshi le créateur de My Hero Academia, a créé Kirishima dans le but d’apporter de la paix en classe.

 Maintenant, que vous voyez plus ou moins, comment on crée un personnage, on va essayer de démontrer que ces méthodes ne sont pas optimisées pour la création de personnages féminins.

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©Naruto, Shueisha, Masashi Kishimoto, Studio Pierrot

La gente féminine est nulle dans les mangas parce que la société nulle.

Dans la plupart des pays du monde, les hommes dominent dans la société et les sociétés sont dites patriarcales. Le Japon ne fait pas exception à la règle et la situation de la femme là-bas n’est pas meilleure que dans les mangas. Il faut savoir qu’après leur premier enfant beaucoup de femmes au Japon finissent femme au foyer, même si de nos jours, on constate enfin, le début d’un changement. Le Japon est un pays avec un nombre de crèche faible comparé aux nombres d’enfants, ce qui complique la tâche des parents, c’est pourquoi beaucoup de femme décident d’élever leurs enfants avant de recommencer à travailler tandis que les pères ramènent les revenus à la maison. C’est sans doute pour cette raison que dans les jeux Pokemon les héros semblent tous avoir une mère célibataire. De plus, dans ces oeuvres, les parents sont souvent absents, cela diminue fortement la présence féminine dans les mangas.

Cependant, les personnages féminins ne sont pas en sous-nombre dans les mangas, ils s’apparentent plus à la troisième méthode de création d’un personnage, c’est-à-dire que les personnages féminins sont créé afin de remplir une fonction en particulier. Cette fonction peut-être aussi externe à l’œuvre, au lieu de permettre une avancée quelconque dans l’œuvre, ces personnages s’adressent directement au lecteur comme c’est le cas de la plupart des personnages féminins contribuants au fan-service.

L’amour dans les manga ça craint

Si l’on devait designer un coupable concernant la faible proportion de femmes utiles dans les mangas, ça serait l’amour. En effet dans de nombreuses oeuvres, les personnages féminins introduisent souvent une touche de romance dans le récit. C’est le cas d’Erina dans Jojo’s Bizarre Adventure. L’amour reste acceptable pour la plupart de nos personnages adorés, mais il semble prendre sens à travers toutes les actions des personnages féminins et au final, les personnages féminins voient toutes les actions réduites à l’amour. Même dans Medaka Box ou dans The promised Neverland, des oeuvres où on voit des personnages principaux féminins, on voit des personnages trop philanthropes et qui aiment leur prochain, c’est vraiment à croire que l’amour est une caractéristique indissociable d’un personnage féminin.  Au passage, créer des couples dans une oeuvre change l’essence de celle-ci, c’est pourquoi dans beaucoup d’animes, afin de ne pas se concentrer sur l’amour et de se recentrer sur l’intrigue principale,  il y a un personnage du couple qui meurt à chaque fois.

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©Kateikyoshi Hitman Reborn, Shueisha, Akira Amano, Artland

Une image trop pure et innocente

Même dans les animés ou les mangas, l’image de la femme reste la beauté et l’élégance, c’est pourquoi les femmes ne se battent que rarement dans la plupart de ces œuvres. C’est certainement pour cette raison que les personnages féminins combattent avec moins d’enjeux que les personnages masculins, rappelons qu’un combat sans enjeux est horrible.  CF : Ino Vs Sakura

Une princesse à sauver, un peu trop souvent…

Impossible de ne pas parler de Peach qui est l’icône de toutes les princesses à sauver. Quasi-systématiquement Mario doit sauver la princesse, cette répétition dans le scénario des jeux Mario a même été parodié dans le jeu Super Princesse Peach où cette fois, les rôles ont êté inversés. L’entreprise a sans doute conscience qu’elle a réduit le personnage de peach au rôle d’otage et c’est sans doute pourquoi ce jeu a vu le jour. Si je parle de Peach c’est parce que cette méthode d’impliquer un personnage féminin dans un œuvre en tant que princesse à sauver n’est pas seulement une caractéristique des jeux Mario, dans de nombreuses oeuvres, on assiste au même procédé. Par exemple l’arc où il faut sauver Rukia dans Bleach. Cela revient à considérer la femme comme un objet, plus précisément un trophée. Comme par exemple dans Fate/Zero. Mais le rôle de la femme a considérablement changé au cours des dernières années et la figure féminine au sein des mangas s’est vu renforcer.

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©Princesse Mononoké, Hayao Miyazaki, Studio Ghibli

Une figure féminine forte, très forte !

Là où un homme réussit, une femme le peu aussi. Si beaucoup de personnages féminins ont une écriture qui laisse vraiment à désirer, il y a aussi des personnages qui constituent des magnifiques contre-exemples, c’est le cas de Lisa Lisa dans Jojo’s Bizarre Adventure, d’Olivier Mira Armstrong dans Full Metal Alchemist , Genkai dans Yu-Yu Hakusho qui sont des personnages féminins qui auront une influence considérable sur le personnage principal. Il y a aussi Matoi Ryuko de Kill la Kill, Emma de The Promised Neverland, Ashirpa de Golden Kamui ou encore à Gally de Gunm qui sont des héroïnes significatives pour le lecteur même s’il n’arrive pas à se retrouver en elles. Tous ces exemples de personnages féminins sont là afin de représenter les personnages féminins en tant que véritables figures dans leur Manga, des personnages sans qui le manga perdrait considérablement de leur puissance eux.

Conclusion

Les personnages féminins sont souvent relayés au second plan, car la plupart des personnages féminins sont en fait des personnages secondaires. Les personnages secondaires ont le plus souvent un rôle mineur au sein de l’histoire, c’est pourquoi les personnages féminins sont quasi-inutiles dans les mangas et ce même si la tendance commence petit à petit à s’inverser avec des personnages comme Ashirpa de Golden Kamui. Une des solutions serait de masculiniser les personnages féminins seulement faire en sorte qu’un personnage féminin se comporte comme un personnage masculin ne reviendrai-t-il pas à tout simplement remplacer un personnage masculin ?

 

8 commentaires sur « La situation de la femme dans les mangas »

  1. Je suis totalement d’accord avec toi. Il peut y avoir des persos féminins comme Kurisu (steins;gate) ou Mako (kill la kill) et encore mais la plus part sont la juste pour le « fan-service ». Merci pour cet article en espérant en voir d’avantage.

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  2. J’aime beaucoup cet article!
    Tout comme Nami et Robin dans One Piece qui sont essentiel à l’œuvre mais ne sont pas assez reconnu comparé à Luffy ou Zoro… et puis Sakura dans Naruto qui est catalogué comme chiante alors qu’elle est une des meilleures médecins de Konoha… mais ça finira pas s’arranger !

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  3. Article intéressant mais qui pour moi survole en partie « le noeud » du problème.
    Ici on (toi, moi, tous) voit la place de la Femme dans les manga Japonais par le prisme européen. Et donc avec notre système de valeurs. Et en Asie, les mœurs sont totalement différentes de chez nous et évidemment cela se ressent dans leurs oeuvres. Logique en même temps…
    De plus tu ne cites en exemple quasiment que des shonen destiné plutôt à un jeune public de garçon. Qui s’en foutent un peu d’une héroïne.
    Si tu gratte un peu, des titres comme Lady Snowblood, Dorohedoro ou Black Lagoon ,mettent de vraies héroïnes en valeurs. Même si tu le constatera la condition et le rôles des femmes n’est pas bien meilleur dans ce genre de titres…

    Ici, il est plutôt question de différences Culturelles qu’autre chose.De toutes façons, la place et la condition de la Femme n’est pas vraiment enviable quelle que soit le média. Les belles et justes représentations sont bien trop rare…

    Aimé par 1 personne

    1. Je n’ai cité que des shônen parce que je suis un grand consommateur de shônen et que probablement ce sont eux qui sont les exemples les plus évidents pour prouver ce que j’avance. Je n’ai jamais lu et vu les trois titres que tu viens de citer même si je les connais de nom. Totalement d’accord sur le fait que la condition de la femme n’est pas enviable. Pour la différence culturelle, je ne me suis jamais posé la question, mais si la différence culturelles est lié à la condition de la femme, les médias japonais qui proposent une image de la femme fortes, s’éloignent-ils de leur culture ?

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      1. Dans le shonen clairement, y’a pas beaucoup de contre exemples…

        Même dans les récits avec des femmes fortes, souvent leur conditions n’est pas enviables, et c’est bien souvent en réaction de ca qu’elle endosse leurs rôles. Les valeurs sont les mêmes , elles sont juste abordées sous un autre angle

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  4. C’est un peu trompeur le titre, dans l’article il est surtout sujet de la place du personnage féminin dans un Shonen. Pas dans le manga.

    L’angle du coup est erroné, car on exclut le Shojo (grosse place, car finalement les publics qui sera ciblé sont les filles), le Seinen (où le public étant plus mature montre qu’on peut traiter différemment ses personnages) et les nombreuses ramifications. Le public/lecteur est très important car cela montre les attentes et donc, la façon dont un auteur va se positionner pour illustrer son univers. Le fait de citer Jojo aurait pu être super car la place de la femme évolue énormément et sur plein d’aspects (premier plan, sidekick, second couteau, ennemi, …).

    Aussi migrer vers l’animation qui est intimement liée aux mangas, où le traitement se voit traité encore différemment.
    C’est un peu dommage car ce genre d’article ne doit pas traiter uniquement de sa propre expérience, mais d’un tour. Englober le sujet, l’analyser et comparer pour aller toujours plus loin ~

    See ya

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    1. Encore une fois, j’ai pris le shônen à titre d’exemples, c’est le genre le plus en accords avec les arguments que j’avance. Personne ne se plait des personnages féminins dans les autres mangas aussi.

      Parlons du Shôjo, vu que je l’ai exclu dans l’article, la plupart des mangas du genre tournent autour d’une histoire d’amour. L’angle est juste un peu diffèrent, mais cela reste aussi valable, l’amour défini la plupart de toutes les actions des personnages principaux. En général, les sentiments des personnages masculins sont dévoilés beaucoup plus tard que ceux des femmes sauf des mangas du style Tonari no kaibutsu-kun juste pourquoi le personnage féminin doit tout le temps avoir ses émotions autant en avant ? De plus, les publics ciblés sont des filles, c’est pour cela que souvent les héroïnes de shôjo sont douées pour la cuisine, pour les études…

      Je peux faire la même chose avec le Seinen si tu veux même si j’ai cité Fate / Zero. J’ai cité Jojo pour placer Erina, mais même si la partie 6 est centré sur une fille, Jojo ne fait pas exception à la règle: Pourquoi Joelyne est-elle allée en prison? L’amour… La mère de Jotaro dans la partie 3 illustre totalement la redondance dans les œuvres de la princesse à sauver.

      L’animation ? La plupart des animés adaptent un manga, je ne comprends pas ce que tu essayes de dire… Mais si tu penses au film d’animation, presque rien ne change.

      Parler de mon expérience, reste quand même le meilleur moyen d’avoir des affirmations qui sont vérifiées et de ne pas induire les lecteurs en erreur.

      Merci à toi !

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